En réanimation

Meurt-on souvent en réanimation ? Comment y meurt-on ? Est-ce toujours après une décision de limitation des traitements ? Comment prend-on une telle décision ? Comment accompagne-t-on la fin de vie en réanimation ?

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La réanimation prend en charge des patients très sévèrement malades du fait d’une maladie aiguë grave et brutale ou du fait d’un événement survenant chez un patient déjà fragilisé par plusieurs maladies associées sous-jacentes (co-morbidités). Elle consiste essentiellement en la mise en oeuvre de différents traitements de suppléance des principales fonctions vitales : cœur, poumons, rein, etc.

La réanimation a transformé le pronostic des maladies aiguës graves. Parfois, elle ne parvient pas à sauver le patient et malheureusement il décède en réanimation d’une ultime complication. Dans d’autres cas, il arrive qu’au bout d’un certain temps se pose la question de la balance entre le bénéfice de la poursuite de traitements lourds, invasifs, pouvant être difficiles à supporter et l’arrêt de ces traitements dans une situation devenue désespérée. La question de l’obstination déraisonnable est alors abordée. Ces situations ne sont pas rares puisque sur les 20% de décès qui surviennent en réanimation, la majorité survient après une décision de limitation ou d’arrêt des traitements de suppléance vitale.

La fin de vie en réanimation

La question de la poursuite ou de l’arrêt de la réanimation se pose dans trois circonstances :

  • le pronostic de la maladie aigüe est très mauvais et les traitements mis en place ne permettent pas l’amélioration du patient
  • les co-morbidités sont de très mauvais pronostic
  • plus rarement, il s’agit d’une demande du patient

Une fois posée, cette question justifie une réflexion collégiale qui précède toute décision. La qualité de vie avant l’admission en réanimation et/ou la qualité escomptée à l’issue de la réanimation sont notamment prises en compte dans la décision. Les proches, et particulièrement la personne de confiance si elle avait été désignée par le patient, sont approchés pour savoir si le patient avait écrit des directives anticipées ou s’était exprimé sur sa fin de vie. Ils sont aussi clairement informés du pronostic et de la réflexion en cours. Ils sont les témoins privilégiés de la volonté du patient, qui très souvent, n’est plus capable de s’exprimer.

La collégialité est importante dans cette réflexion et dans la prise de décision. Elle implique l’équipe de soin dans son ensemble : médecins, infirmières, aides-soignantes, kinésithérapeutes, etc. Un avis extérieur indépendant du service de réanimation est systématiquement recherché.

Lorsque la décision est prise, elle est exposée et expliquée aux proches. Si elle conclut à une limitation des traitements, les modalités de celle-ci ainsi que les modalités de l’accompagnement de fin de vie sont également expliquées.

Accompagner la fin de vie en réanimation

Lorsqu’il est décidé d’une limitation ou d’un arrêt des traitements intensifs de réanimation (ce que l’on appelle désormais couramment LATA), on sait qu’en arrêtant ces traitements, il y a de fortes chances que le patient décède.

Malgré l’environnement de réanimation en apparence hostile du fait de sa technicité, de l’intensité et de la lourdeur des traitements, de la densité du personnel médical et paramédical, tout est mis en place pour accompagner le patient et ses proches dans cette épreuve :

  • prise en charge de la douleur
  • mise en place de la sédation quand elle est nécessaire
  • horaires de visite non limités
  • salle d’attente dédiée pour les proches
  • respect des volontés du patient et de ses croyances religieuses éventuelles
  • soutien psychologique du patient et de ses proches, au moins par les équipes de réanimation, et quand cela est possible par des psychologues.

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