Les médicaments et thérapies complémentaires

En fin de vie, la priorité est donnée à la qualité de vie du patient. Des médicaments et plusieurs autres types de soins (thérapies complémentaires) sont disponibles à cet effet.

Les médicaments de choix pour lutter contre la douleur sont les antalgiques

Il existe différentes douleurs en fin de vie auxquelles les médecins répondent par des médicaments adaptés. Cette réponse nécessite un diagnostic du mécanisme de la douleur par un examen clinique du patient. Il est possible que plusieurs mécanismes douloureux soient en jeu chez un même malade, rendant complexe la prise en charge palliative de certains patients.

Les médicaments pour lutter contre la douleur sont appelés des antalgiques. Selon la classification de l’Organisation mondiale de la santé, il existe 3 paliers d’antalgiques :

  • les antalgiques de palier 1 sont des antalgiques périphériques, non opioïdes, prescrits en cas de douleur de faible intensité. Ils incluent le paracétamol, l’aspirine et les anti-inflammatoires non stéroïdiens.
  • les antalgiques de palier 2 sont des médicaments de type opioïdes faibles : ils conviennent en cas de douleur d’intensité modérée. Il s’agit par exemple du dextropropoxyphène associé à du paracétamol, à de la codéïne, au buprénorphine sublinguale ou au tramadol.
  • les antalgiques de palier 3 sont utilisés en cas de douleur de très forte intensité. Ce sont les opioïdes majeurs : morphine, fentanyl, hydromorphone et oxycodone.
  • Le médecin utilise des échelles d’évaluation de la douleur pour estimer son intensité et son retentissement sur le patient.

  • En cas de douleur dont l’intensité est difficilement gérable, le médecin peut proposer différentes sédations, allant d’une sédation légère à la sédation profonde et continue jusqu’au décès. Les médicaments utilisés en fin de vie sont, entre autres, des benzodiazépines comme le diazépam ou le midazolam et/ou des anesthésiques injectables comme le propofol.

  • En cas de douleur insupportable, le patient peut demander une sédation profonde et continue jusqu’au décès, comme le prévoit la loi du 2 février 2016.

Quels sont les médicaments qui existent pour soulager les autres symptômes les plus fréquents en fin de vie ?

L’un des symptômes fréquent en fin de vie est l’essoufflement, ou dyspnée. Elle a plusieurs causes. Selon son origine, on pourra la soulager avec des benzodiazépines ou de la morphine. S’il y a une obstruction bronchique, on pourra prescrire de la corticothérapie et s’il y a beaucoup d’encombrement bronchique de la scopolamine.

Les nausées et les vomissements surviennent aussi fréquemment en fin de vie. Ils peuvent être soulagés par des antiémétiques, des corticoïdes ou des anxiolytiques comme le lorazépam ou l’alprazolam. Si le patient présente des lésions buccales, on le traitera avec des soins de bouche répétés à la bétadine, par exemple. Des laxatifs ou des traitements opioïdes aident en cas de constipation. Si le patient présente des signes d’occlusion intestinale, le médecin peut prescrire des antiémétiques comme l’halopéridol, des antisécrétoires comme la scopolamine, des antalgiques ou des corticoïdes.

Quant à l’anxiété et à la dépression, elles peuvent apparaître à l’annonce du diagnostic, d’une récidive ou à l’approche de la mort. Ces symptômes sont soulagés par un suivi psychologique et un traitement antidépresseur (fluoxétine, par exemple) et/ou anxiolytique (bromazépam, alprazolam, par exemple).

 

Des thérapies complémentaires pour soulager la douleur en douceur ou aider au confort quotidien

Hypnose, acupuncture, toucher-massage, auriculothérapie, etc. En France, de plus en plus de personnes malades ont recours à ces thérapies complémentaires. Certaines peuvent être pratiquées par des professionnels médicaux ou paramédicaux, formés à ces techniques dans le cadre de formations universitaires diplômantes ou dans le cadre de la formation continue. En fin de vie, les médecines alternatives peuvent être utilisées pour prendre en charge de symptômes d’inconfort ou des douleurs afin de mieux soulager les personnes malades et pour améliorer leur qualité de vie.

  • Les thérapies complémentaires ne remplacent pas les traitements prescrits par le médecin.

  • Comme certaines médecines complémentaires peuvent avoir des effets secondaires ou interagir avec les traitements prescrits, parler avec son médecin permet d’orienter vers la pratique la plus adaptée.

Référence

Dans la même rubrique

Le bénévolat d'accompagnement

L’objectif des soins palliatifs est de soulager les douleurs physiques et les autres symptômes, mais aussi de prendre en compte la souffrance psycholo...

En savoir plus

Les aides financières

Afin d’aider au maintien à des personnes en fin de vie, des aides financières peuvent être demandées. Ces différents dispositifs peuvent relever du d...

En savoir plus

La fin de vie à domicile

Il est possible d’être accompagné et soigné en fin de vie à son domicile dans de bonnes conditions. La loi du 2 février 2016 prévoit que toute personn...

En savoir plus

La fin de vie en EHPAD

L’accompagnement de la fin de vie en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD) est important, tant pour la personne âgée qu...

En savoir plus

La fin de vie à l'hôpital

En France, 65% des patients décèdent à l’hôpital. Aujourd’hui, de nombreux moyens existent pour accompagner dignement les patients en fin de vie, même...

En savoir plus

Les soins palliatifs

Les soins palliatifs ont pour objectif d’aider à maintenir au maximum la qualité de vie des patients atteints d'un handicap ou d'une maladie grave, po...

En savoir plus

Actualités