Les situations de fin de vie : cancer, Alzheimer, SLA etc

Comment se passe la fin de vie d’une personne atteinte de cancer ? A quoi peut-on s’attendre ? Que peut-on anticiper ? Comment se préparer ? Cet article vous informe sur la fin de vie d’une personne atteinte d’un cancer et sur les dispositifs existants pour l’accompagner.
Sommaire

La fin de vie provoquée par un cancer

Il existe différents types de cancers et il est difficile de prédire la façon exacte dont se présentera la fin de vie pour une personne en particulier.

Toutefois, l’évolution de la maladie se fait souvent selon une trajectoire assez semblable avec, grâce aux nouveaux traitements : une longue période pendant laquelle la maladie est contenue, avant qu’elle ne finisse par envahir tout l’organisme et se termine par une phase de déclin rapide, conduisant au décès du patient.

Du fait de cette trajectoire identifiée, la fin de vie des personnes atteintes de cancer peut, dans la plupart des cas, être anticipée et préparée, ce qui aide à ce que la dernière étape se déroule de la façon la plus sereine possible.

Un déclin rapide précédant la fin de vie pour les malades du cancer

Le cancer est de plus en plus souvent une maladie devenue chronique et qui peut rester longtemps stabilisée par des traitements (chimiothérapie, radiothérapie, chirurgie, immunothérapie, thérapies ciblées, etc.). Cependant à un certain stade, la maladie peut échapper aux traitements à visée curative et entrer dans sa phase terminale.

Cette phase est en général assez facilement identifiable par le médecin, comme par le patient dont l’état général se dégrade brusquement et rapidement : fatigue extrême, manque d’appétit, amaigrissement, douleurs.  

Certains signaux physiques sont désormais identifiés auprès de la personne atteinte d’un cancer à l’imminence du décès: une étude publiée sur la revue The Oncologist fait état de huit signes cliniques liés à une situation de décès très proche de la personne atteinte d’un cancer : modeste réactivité de la pupille, diminution de la réponse aux stimuli verbaux et visuels, incapacité à fermer les paupières, abaissement du sillon nasogénien, hyperextension du cou, râles de la gorge et saignement du tractus gastro-intestinal supérieur.

Ces signes peuvent permettre d’aider les patients et les proches à prendre des décisions de fin de vie, par exemple l’interruption des  examens et des traitements, la mise en place d’une sédation profonde et continue jusqu’au décès, le choix du lieu, etc…

Que faire ?

Dans cette phase finale de la maladie, les soins palliatifs (soins de confort, de lutte contre la douleur et d’accompagnement global du patient) sont prioritaires. Il s’agit de faire au mieux pour qu’il se sente confortable, à la fois sur le plan physique, psychique, spirituel et existentiel. Pour cela, des spécialistes de soins palliatifs sont présents sur tout le territoire et peuvent intervenir, soit en établissement hospitalier ou équivalent, soit à domicile.

Il est important pour bien accompagner le patient en fin de vie de connaître ses souhaits. Aujourd’hui en France, le patient en fin de vie a le droit d’être respecté pour des préférences qu’il aurait fait connaître : a-t-il rédigé des directives anticipées ? A-t-il désigné une personne de confiance ? Quel est son seuil d’obstination déraisonnable ? Souhaite-t-il une sédation profonde et continue jusqu’au décès ? Où préfèrerait-il mourir ?

Si les préférences du malade sont connues, cela permet d’organiser à l’avance la prise en charge en conséquence :

  • s’il préfère mourir à domicile, ce sera le médecin traitant qui interviendra, avec éventuellement l’aide d’une équipe mobile de soins palliatifs, d’un réseau de santé, ou d’une hospitalisation à domicile (HAD)
  • si le malade ne souhaite pas mourir à domicile ou qu’il y a un risque d’épisode aigu particulièrement difficile à gérer à la maison (hémorragie, etc.), des contacts seront pris pour pouvoir l’hospitaliser au bon moment dans une unité de soins palliatifs ou dans une autre structure hospitalière

L’anticipation n’est pas toujours aisée et dépend du cas de chacun. Le patient ou ses proches ne doivent pas hésiter à interroger le médecin sur des symptômes ou complications qui risquent de survenir au cours de cette dernière phase de la maladie, s’ils souhaitent s’y préparer au mieux. Le malade peut aussi choisir de ne pas vouloir aborder si précisément les conditions de sa fin de vie, ce qu’il est important de respecter.

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