La sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD) à 3 ans de la loi Claeys-Leonetti

Dans le cadre de ses missions dont celles de recueil de données et de suivi des politiques publiques, le Centre National des Soins Palliatifs et de la Fin de Vie (CNSPFV) a coordonné une enquête nationale observationnelle sur la sédation profonde et continue jusqu’au décès fin 2019 dont les résultats viennent d’être publiées.

La sédation profonde et continue jusqu’au décès (SPCJD) est un nouveau droit introduit par la Loi Claeys-Leonetti du 2 février 2016. Peu de données existent pour évaluer son effectivité sur le terrain. Une première enquête nationale avait été conduite par le CNSPFV en 2018 qui n’avait pas permis d’obtenir des données quantitatives fiables. Un des biais reposait sur les difficultés d’identification des sédations profondes et continues jusqu’au décès au sein des pratiques sédatives palliatives de fin de vie.

Cette nouvelle enquête s’est focalisée sur les établissements hospitaliers, lieu de décès majoritaire en France. Une grille de caractérisation des SPCJD a été élaborée en amont de l’étude en concertation avec les enquêteurs locaux. Le nombre de SPCJD réalisées sur une semaine donnée en avril 2019 ainsi que des données concernant leurs indications et leurs mises en œuvre ont été recueillis dans une dizaine de services par établissement.

Sur les 14 établissements participants, 36 SPCJD ont été identifiés. Elles s’adossaient majoritairement à des propositions médicales de limitation ou d’arrêt des traitements (LAT) chez des patients dans l’incapacité de s’exprimer (n=30). Les quelques demandes de patients (n=6) étaient en lien avec des souffrances réfractaires (n= 2) ou demandes d’arrêt de traitement (n=4). Les doses de sédatifs et antalgiques utilisées ainsi que les délais moyens de survie après initiation de la SPCJD ont été très variables d’un patient à l’autre.

Cette enquête contribue à une meilleure connaissance des conditions d’application de la sédation profonde et continue en milieu hospitalier.  Elle illustre le fait que cette pratique n’est pas réservée à une spécialité en particulier mais suggère des conditions d’applications différentes selon les situations médicales avec des objectifs différents de confort ou d’altération de la conscience selon les cas.

De nouvelles études seront nécessaires pour mieux caractériser les SPCJD au sein des pratiques sédatives palliatives de fin de vie, interrogeant notamment l’intention des prescripteurs. Elles permettraient par ailleurs de mieux appréhender les tensions éthiques soulevées par ces pratiques sédatives.

Vous pouvez accéder à l’intégralité de l’article paru en juillet dernier dans La Presse Médicale Formation jusqu’au 2 septembre 2020 en cliquant sur le lien suivant : https://authors.elsevier.com/a/1bP5p9UIOsVM6Z