Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs (MASP)

La loi du 26 mai 2026 visant à garantir l'égal accès de tous à l'accompagnement et aux soins palliatifs crée dans le Code de l'action sociale et des familles une nouvelle catégorie d'établissement intitulée « maisons d'accompagnement et de soins palliatifs ». À partir de 2026, ces nouveaux lieux verront le jour en France. Encore peu connues du grand public, elles font partie des évolutions importantes pour améliorer l’accompagnement de la fin de vie. Mais concrètement, de quoi s’agit-il ? À qui sont-elles destinées ? Et en quoi sont-elles différentes d’un hôpital ou d’un maintien à domicile ? Voici l’essentiel à comprendre.
Sommaire

Une réponse à un besoin croissant

Aujourd’hui, de nombreuses personnes souhaitent finir leur vie dans un cadre apaisé, entourées, et avec un accompagnement adapté. Pourtant, le maintien à domicile n’est pas toujours possible (isolement, épuisement des aidants…) et l’hospitalisation peut être inadaptée à certaines situations.

C’est dans ce contexte que les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs ont été imaginées. Elles s’inscrivent dans la stratégie décennale des soins d’accompagnement pour renforcer les soins palliatifs et améliorer la qualité de vie jusqu’au bout et ont été consacrées par la loi sur l’égal accès à tous à l’accompagnement et aux soins palliatifs.

Qu’est-ce qu’une maison d’accompagnement et de soins palliatifs ?

Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs sont de petites structures d’accueil pour les personnes en fin de vie, à mi-chemin entre le domicile et l’hôpital

Elles ont pour mission :

  • d’accueillir et accompagner des personnes gravement malades ou en fin de vie
  • de proposer des soins palliatifs adaptés
  • d’accompagner les proches

Les maisons d’accompagnement constituent un nouveau type d’établissement médico-social, porté par des structures publiques ou privées à but non lucratif. 

À qui s’adressent-elles ?

Ces lieux de vie sont destinés à des personnes :

  • en fin de vie ou atteintes d’une maladie grave
  • dont l’état est relativement stable (sans besoin de soins hospitaliers)
  • qui ne peuvent pas ou ne souhaitent pas rester à domicile

Elles peuvent également répondre à des situations d’isolement ou d’épuisement des proches aidants en permettant notamment un accueil temporaire de personnes relevant d’une prise en charge palliative à des fins de répit de leurs proches. Elles offrent également un accompagnement aux proches aidants et aux proches endeuillés.

À noter : dans la phase expérimentale, elles accueilleront uniquement des adultes; à terme, les personnes mineures pourront être accueillies au sein de telles structures, mais plusieurs points relatifs à l’organisation et aux conditions d’accueil restent encore à préciser par décret et cahier des charges.

Un lieu de vie avant tout

Contrairement à un service hospitalier, les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs sont conçues comme de véritables lieux de vie et reproduisent le plus possible les conditions du domicile. Ce sont, concrètement :

  • des structures à taille humaine (8 à 20 places)
  • des chambres individuelles et personnalisables
  • des espaces communs chaleureux, notamment une cuisine partagée, un salon, des espaces pour accueillir les proches et une ouverture sur un extérieur comme un jardin
  • la possibilité pour les proches de rester ou de dormir sur place

L’objectif est d’offrir un environnement plus apaisant, intime et proche du quotidien qu’un cadre hospitalier.

Quels accompagnements sont proposés ?

Les maisons d’accompagnement offrent une prise en charge globale, qui ne se limite pas aux soins médicaux. Seront mis en œuvre, bien-sûr, des soins palliatifs (gestion de la douleur, confort) et d’accompagnement (attention portée aux besoins relationnels et émotionnels, un soutien psychologique et social).

L’équipe de la structure se veut réduite et repose sur une équipe pluridisciplinaire, avec notamment :

  • un médecin qui se prononce sur les admissions, coordonne les professionnels de santé et assure le suivi médical des résidents dont le médecin traitant n’est pas mobilisable ; 
  • un infirmier diplômé d’Etat (IDE) présent tous les jours de la semaine ; 
  • un accompagnant éducatif et social présent tous les jours ; 
  • un aide-soignant présent tous les jours et toutes les nuits ; 
  • un psychologue présent au moins un jour sur deux. 

Des bénévoles formés peuvent également intervenir pour apporter présence et soutien.

L’ensemble des personnels de la structure doit avoir reçu une formation aux soins palliatifs et en accompagnement de la fin de vie. Les médecins et la majorité des personnels soignants doivent avoir suivi une formation diplômante en soins palliatifs.

Deux types de séjour possibles

Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs s’adaptent aux besoins des personnes et des familles en proposant soit : 

  • un accueil temporaire : pour soulager les proches aidants et/ ou pour renforcer l’accompagnement à un moment donné 
  • un accueil permanent et jusqu’à la fin de la vie : la personne intègre ce nouveau lieu de vie et est accompagnée dans la durée, dans un cadre stable et sécurisant.

Lors de son admission ou dans les jours qui suivent, la personne signe un contrat de séjour qui indique notamment le coût prévisionnel, la description des conditions de séjour et d’accueil, les modalités de calcul de la participation financière et les conditions de facturation (cahier des charges national).

L’expérimentation des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs étant en cours, le régime précis d’hébergement des proches souhaitant coucher sur place n’est pas encore détaillé. En pratique, il est probable que le modèle retenu se rapproche de celui déjà utilisé dans certaines unités de soins palliatifs, maisons de répit ou maisons des familles hospitalières : soit une gratuité totale pour un proche dormant auprès d’une personne accompagnée ; soit une participation modique correspondant aux frais hôteliers (linge, repas, chambre d’appoint), généralement de l’ordre de quelques dizaines d’euros par nuit ; parfois un système mixte avec gratuité selon les ressources ou la situation sociale.

Un maillon complémentaire dans le parcours de soins

Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs ne remplacent pas les soins à domicile, les unités de soins palliatifs ou les soins en unités d’hospitalisation.

Ces dispositifs viennent compléter l’offre existante et leurs équipes travaillent en lien étroit avec les médecins traitants, les équipes mobiles de soins palliatifs avec lesquelles elles concluent des conventions, l’hospitalisation à domicile, les soignants libéraux intervenant à domicile, les établissements de santé et les établissements sociaux et médico-sociaux.  Ces intervenants extérieurs sont coordonnés par l’équipe de la maison.

Une organisation encadrée et expérimentale

Le déploiement des maisons d’accompagnement se fait progressivement :

  • une phase expérimentale de 2026 à 2028 est prévue
  • les Agences régionales de santé (ARS) pilotent les appels à projets, allouent les financements et suivent les projets projets
  • chaque structure doit respecter un cahier des charges national précis 

Ce cadre permet de tester et d’ajuster le modèle avant une généralisation à l’ensemble du territoire.

Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs reposent sur des principes forts

  • respect des volontés et des droits des personnes
  • accompagnement global (médical, psychologique, social)
  • proximité et accessibilité
  • solidarité, notamment envers les personnes les plus vulnérables

Elles visent à replacer l’humain, l’écoute et la qualité de vie au centre de l’accompagnement.

Les maisons d’accompagnement et de soins palliatifs représentent une évolution importante dans la prise en charge de la fin de vie en France.

Encore en phase d’expérimentation, elles pourraient, dans les années à venir, transformer en profondeur la manière dont la société accompagne les personnes en fin de vie.

Quelques exemples d’établissements en France proches du modèle des maisons d’accompagnement et de soins palliatifs :

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