Le Québec repense l’organisation des soins palliatifs et de la fin de vie

13 JANVIER 2021

Comme en France, le Québec fait face à des défis populationnels tels que le vieillissement démographique et l’accroissement important des maladies chroniques et dégénératives. En décembre 2018, la ministre de la Santé et des Services sociaux Québécoise annonçait des mesures visant à améliorer l’accès aux soins palliatifs et à la fin de vie, notamment la création du groupe de travail national sur l’amélioration de l’accès équitable et de qualité aux soins palliatifs et de fin de vie.

Ce groupe, composé d’intervenants et de professionnels issus de milieux variés (proches aidants, chercheurs, cliniciens, organismes nationaux non gouvernementaux de différentes clientèles, ministère de la Santé et des Services sociaux, établissements, etc.) s’est réuni en 2019 avec pour objectif de déterminer les besoins et cibler les orientations prioritaires.

Rendues publiques en décembre 2020, les conclusions de ces réflexions pour un accès équitable à des soins palliatifs et de fin de vie de qualité proposent neuf orientations prioritaires qui se traduisent par des mesures concrètes dans le Plan d’action ministériel SPFV 2020-2024. Les orientations énoncées sont les suivantes :

  • Instaurer une gouvernance clinique ;
  • Renforcer la coordination clinique ;
  • Développer une expertise reconnue ;
  • Implanter le repérage précoce ;
  • Favoriser l’accès aux lits réservés pour ce type de soins ;
  • Faciliter l’accès à l’aide médicale à mourir ;
  • Améliorer l’organisation des soins destinés à la clientèle pédiatrique ;
  • Améliorer l’information et le développement des compétences ;
  • Sélectionner des indicateurs opérationnels et réalistes.

La dernière orientation liste une série d’indicateurs qui ont vocation à suivre l’amélioration de l’accès équitable à des soins palliatifs et une fin de vie de qualité dans les différentes trajectoires de soins et de services, en lien avec le futur plan québécois. Ils portent sur la structure, l’accessibilité et la qualité de ces soins, sur l’utilisation des ressources ainsi que sur les processus et les résultats, tels que l’état de santé et de bien-être de la personne et de ses proches aidants. Fait notable, le Québec estime que la création d’un observatoire national sur les soins palliatifs et la fin de vie, incluant un registre accessible de données standardisées, est un incontournable, sur le modèle du CNPSFV.

En France, le dernier plan de développement des soins palliatifs et de la fin de vie s’est achevé en 2018. Les actions menées ont permis de structurer, graduer et densifier l’offre de soins palliative. Toutefois, comme l’illustrent les indicateurs publiés par le CNSPFV dans la 2e édition de l’Atlas des soins palliatifs et de la fin de vie, l’accès aux dispositifs de la fin de vie souffre encore d’une mise en œuvre trop contrastée, non uniforme sur les territoires. Pour rappel, 26 départements ne sont pas dotés d’unités de soins palliatifs. Pour y remédier, Agnès Buzyn puis Olivier Véran ont tour à tour annoncé en 2020 l’initiation de travaux de réflexion pour élaborer un 5e plan. Alors que ces travaux devraient débuter prochainement, le CNSPFV souligne l’importance de doter le futur plan d’indicateurs fiables et ambitieux qui permettront d’accompagner, de suivre et d’évaluer l’évolution du développement des soins palliatifs et de l’accompagnement de la fin de vie sur l’ensemble du territoire français.

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