Covid-19 : quel impact sur la mortalité française ?

20 JANVIER 2021

L’année 2020 a été marquée par la pandémie de Covid-19. Dès le mois de mars dernier, l’Insee a mis en place un suivi rapproché de la mortalité toutes causes confondues permettant de suivre l’évolution des décès quotidiens et de comparer l’excédent de mortalité par rapport aux années précédentes. En attente des déclarations des décès de la fin d’année 2020, l’Insee publie d’ores et déjà un bilan provisoire de la situation française.

 

53 900 décès de plus par rapport à 2019

Le constat est sans appel, la mortalité française a bel et bien augmenté en 2020. La France comptabilise en effet 667 400 décès toutes causes confondues, soit une hausse de 9 % du nombre de décès par rapport à 2018 ou 2019. Pour l’heure, il est encore trop tôt pour savoir quelle part de ces décès est attribuable au coronavirus. Néanmoins, l’Insee explique que cet excédent est la résultante :

  • d’une moindre mortalité en janvier et février 2020 :  La grippe saisonnière a notamment provoqué une surmortalité moindre que les années passées : 7 500 décès en moins ont eu lieu en janvier et février 2020 par rapport à la même période de 2019.
  • d’un excédent de mortalité de 27 300 personnes (+ 27 %) entre le 1er mars et le 30 avril 2020 par rapport à la même période de 2019 ;
  • d’un très léger excédent de mortalité entre le 1er mai et 31 août 2020 (+1 100 décès) ;
  • d’un excédent de mortalité de 33 000 personnes (+ 16 %) entre le 1er septembre et le 31 décembre.

L’Insee note également une moindre mortalité des jeunes de moins de 25 ans a été constatée à partir de mars 2020, conséquence d’un effet protecteur du confinement sur certaines causes de décès.

 

L’Île-de-France et l’est de la France particulièrement touchés

Sur l’ensemble de l’année 2020, l’impact territorial de l’épidémie est inégal. Cinq régions métropolitaines enregistrent un excédent de mortalité important : l’Île-de-France (+ 18 %), l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 14 %), le Grand-Est (+ 13 %), la Bourgogne-Franche-Comté (+ 11 %) et les Hauts-de-France (+ 10 %). Dans les outremers, Mayotte enregistre également un fort excédent (+ 24 %). À l’inverse, sept régions n’ont pas ou peu eu de décès supplémentaires (moins de 5 %). Il s’agit de la Bretagne, la Nouvelle-Aquitaine, les Pays-de-La Loire et l’Occitanie. Dans les DROM, La Martinique, la Guyane et La Réunion ont été moins touchés.

 

Une première vague brève et forte

Par rapport aux années précédentes, l’Insee constate deux pics d’excédents de mortalité au profil différent. Au cours de la première vague survenue en mars-avril 2020, les décès ont augmenté rapidement mais sur une période courte, contrairement à la deuxième vague apparue depuis septembre 2020.

Les régions les plus touchées par la première vague ont été l’Île-de-France et le Grand-Est, avec une augmentation respective de la mortalité de 90% et 55%. La deuxième vague touche plus particulièrement l’Auvergne-Rhône-Alpes (+ 38 %), Bourgogne-Franche-Comté (+ 26 %) et Provence-Alpes-Côte d’Azur (+ 21 %).

 

Les personnes âgées de 65 ans et plus les plus touchées

La hausse de la mortalité constatée sur l’ensemble de l’année 2020 n’a concerné que les personnes âgées de 65 ans et plus (+ 10 %), indique l’Insee. Il est intéressant de noter qu’au cours des deux vagues successives, l’excédent de mortalité des personnes de 65 ans et plus a été d’autant plus important que les personnes étaient plus âgées. Pour les personnes âgées de moins de 65 ans, la hausse de mortalité est négligeable : + 2 % entre 50 et 64 ans, – 1 % entre 25 et 49 ans et – 6 % pour les moins de 25 ans

Communiqué de presse de l’Insee