Chronique n° 1 : Accompagner en temps d’inquiétudes, par Eric Favereau

Pour faire vivre encore un peu plus notre site internet, nous avons décidé d’y inclure une nouvelle chronique qui paraîtra une à deux fois par mois, en fonction de l’intensité de l’actualité sur nos sujets.Il s’agit d’y proposer une courte synthèse de ce qui s’est passé ou dit à leur sujet au cours des dernières semaines sur la scène médiatique. Voici la première du genre, bonne lecture !

Véronique Fournier, Présidente du CNSPFV

“Accompagner, c’est évidemment le mot qui s’est installé depuis que nous sommes rentrés en confinement.

Accompagner comme ces gestes baptisés barrière, qui sont fait pour nous isoler des uns des autres, et  pourtant n’ont d’autre but que de maintenir le lien.

Accompagner, avec ou en dépit de ces informations qui nous tombent en rafale, parfois contradictoires les unes avec les autres, souvent utiles mais toujours bien lourdes.

Accompagner dans l’incertitude, sans trop connaitre ni la suite ni la durée de cette parenthèse.  «Le confinement va durer plus longtemps qu’annoncé », insiste le professeur Jean François Delfraissy qui préside le conseil scientifique. « Notre enjeu est de ne plus courir après le virus mais de reprendre la main. Nous réfléchissons à des options qui pourraient par exemple être un confinement qui ne serait pas généralisé, mais concerner transitoirement les personnes fragiles ».

Accompagner ses proches, même de loin, même isolé dans un autre espace géographique, même lorsque les portes de l’hôpital  insistent fortement sur l’interdiction de toute visite.

Accompagner dans l’effroi sans rien savoir de ce qui se passe réellement dans les EHPAD, fermés à double tour. Lieux qui concentrent aujourd’hui les plus grandes inquiétudes. « Ce temps qui passe commence à peser sur le moral des résidents de mon Ehpad », explique ainsi un directeur dans le journal La Croix. « Certains ne sont pas forcément conscients de tout ce qui se joue autour de ce virus, notamment de sa dangerosité, car ils peuvent avoir des troubles cognitifs. Mais ce qui est sûr, c’est que tous ressentent le manque de contacts humains. L’interdiction des visites est difficile à vivre. En face de cela, il faut continuer à donner de la vie. Ce n’est pas facile car habituellement, nous sommes accompagnés de bénévoles, dont l’absence est vraiment visible ».

Accompagner comme le font bien sûr les soignants face à des malades qui guériront certes à plus de 95 %, mais pris dans une spirale d’angoisse et d’incertitude. Faut-il rappeler que devant l’appel lancé par l’Agence régionale de santé de l’Ile de France, plus de 1000 médecins et prés de 5000 personnels soignants ont répondu aussi présents pour reprendre de l’activité.

Accompagner, c’est aussi le but encore plus affiché du Centre national des soins palliatifs et de la fin de vie. Et de ce site, avec sa ligne téléphonique, et des informations  solides.”

Eric Favereau, journaliste